Samedi dernier, je suis allé dans mon labo photo développer trois films négatifs noir et blanc. Je dis “mon labo”, mais pour être exact je devrais plutôt parler du labo photo qui se trouve dans les locaux de mon laboratoire de recherche. Il est d’ailleurs très pratique : je suis le seul à m’en servir car cela fait bien longtemps qu’il ne sert plus à personne, je peux donc arranger les choses comme je l’entends ; comme il n’est pas chez moi, pas de matériel à installer, ni à ranger à la fin de la séance ; enfin, il est forcément plus grand que si je faisais cela dans ma salle de bain. Bref, que des avantages !
C’est à chaque fois la même magie de la redécouverte des images prises il y a parfois plusieurs mois. Cette fois là, j’avais des photos qui remontaient au vacances d’été et même avant. Quand on prend les photos, on les imagine sur le coup, puis on en garde le souvenir pour un certain temps, et au bout d’un moment elles finissent par se cacher au fond de la mémoire.
Après 45min de bains et traitements je sors les films de l’eau, les retire des spirales et les déroule pour les suspendre. Petit à petit, alors que j’essuie les négatifs avec un chiffon doux pour éviter les tracer de séchage, les images viennent chatouiller mes yeux. A ce moment là, je me concentre plutôt sur la propreté du négatif et je le suspends dans un coin pour qu’il sèche. C’est à ce moment que les images prennent vie. Une succession régulière de rectangles négatifs s’aligne de haut en bas le long du film.
Le film ne tarde pas à sécher et je peux le prendre pour le parcourir des yeux, à contre-jour. Parfois, j’ai des surprises : “ah tiens, je ne me souvenais pas du tout de cette photo, elle à l’air réussie !” D’autres fois, ce sont des photos que je pensais réussies qui sont ratées. C’est le jeu. J’adore cet instant où mes images prennent vie à mes yeux, elles acquirent alors une réelle existence physique. Je peux alors apprécier la texture des images, apprécier les détails dans les ombres (zones claires du négatif) et voir si les hautes lumières sont riches (si vous avez bien suivi, cela correspond alors aux zones sombres du négatif, car le négatif est en négatif, donc inversé). Et puis toutes ces images sont bien entendu autant de souvenirs, de voyages, de portraits…
Après, il ne reste plus qu’à effectuer des tirages papier des meilleures photos, rendez-vous sous la lumière tamisée de l’agrandisseur !